Chronologie du Cambodge de 1960 à 1990

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L'Entretien de France 24
Denise Affonço
mercredi 28 novembre 2007

Denise Affonço est une Française qui a vécu le génocide cambodgien par amour et solidarité pour et avec son mari. Elle y a survécu et raconte cette sombre période dans La Digue des Veuves.

FRANCE 24 interviewe une personnalité française ou internationale du monde économique, politique, culturel ou diplomatique. Cinq jours par semaine à 22h40 (GMT+1).

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  • C’est une petite dame très digne. Son livre n’aura jamais de prix littéraire, d’ailleurs ce n’est pas un roman. Justement. Lors de l’enregistrement, nous étions tous, sur le plateau comme en régie, au bord des larmes.

    Pour la première fois, je me suis demandé si j’allais être capable de terminer une interview. Après, nous avons tous eu besoin de l’embrasser. De serrer dans nos bras ce petit morceau d’humanité martyrisé…De lui demander pardon. En notre nom à tous, le notre celui de nos ainés qui n’ont pas su ou pu la protéger.

    Je venais juste de terminer, déchiré, la lecture de son récit « La digue des veuves », aux Presses de la Renaissance. Bien trouvé l’éditeur car Denise Affonço, franco-cambodgienne, est revenue à la vie après quatre ans (entre 1975 et 1979) passés dans les camps de concentration à ciel ouvert des Khmers rouge pendant lesquels elle est morte plusieurs fois.

    Sa fille, elle, est morte de faim, à l’âge de 9 ans, sous ses yeux. Comme elle était trop jeune pour trimer comme les autres du lever du jour au coucher du soleil, sept jours sur sept, ses bourreaux ne lui donnaient qu’une demi-ration de riz.

    Les privations de sa mère n’ont pas suffi à la sauver. La pauvre fillette est morte, non sans avoir demandé pardon à sa mère pour avoir « été méchante avec elle ». Les jours qui ont précédé sa mort, Jeannie, possédée par le démon de la faim avait insulté sa mère parce qu’elle ne la nourrissait pas assez. Comment peut-on jamais se remettre d’un tel supplice ?

    Toute la famille de Denise a connu le même sort. Son mari, un intellectuel communiste, a été exterminé dans un «camp de redressement». Quant les Khmers rouge sont arrivés à Phnom Phen, il était pourtant enthousiaste. Les révolutionnaires allaient, pensait-il les débarrasser du régime honni de Lon Nol.

    Denise, citoyenne française, aurait pu être évacuée. Mais pas son compagnon et père de ses enfants. D’autres femmes ont fait ce choix et n’ont jamais revu leur mari, mais comme dit Denise, aucune n’a la conscience tranquille. Denise est donc restée et n’en veut même pas à la France pour avoir eu un cœur de pierre.

    Il ne reste à Denise qu’un fils, Jean-Jacques, réfugié en France comme elle. Il avait douze ans à l’époque et fut traité comme adulte. C'est-à-dire envoyé au travail forcé, séparé de sa mère et constamment battu. Sous alimenté, sa croissance s’en est ressentie mais il doit néanmoins à ce traitement d’avoir eu la vie sauve. Il n’y avait pas de chambre à gaz au Cambodge, mais on exterminait tout aussi sûrement par la famine et les maladies. Avec les cadavres les SS khmers fabriquaient de l’engrais humain…

    Aujourd’hui Jean-jacques a 43 ans. Il a encore du mal à regarder des scènes de violence trop réalistes à la télévision, et croit toujours que son père est vivant.  Tous les récits des survivants d’un génocide se ressemblent.

    Celui-ci s’est déroulé, avec la complicité de la Chine, sans réaction des «nations du monde libre», trente ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. A part quelques lampistes, les responsables n’ont pas été jugés. Pol Pot est mort dans son lit. Il y a eu d’autres génocides depuis. Rien ne change. Et c’est ça qui est vraiment à pleurer.

    Visualiser les photos:

    Nos retrouvailles 2002 - 2006 en vidéos
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    Vidéos de nos retrouvailles de 2002 à Paris
    Plusieurs années après le génocide khmers rouges au Cambodge, j'ai pu retrouvé mes camarades du lycée en lançant mon website personnel dans lequel j'ai publié des avis de recherche de mes amis.

    Vidéos de nos retrouvailles de 2005 à Vancouver et New York
    J'ai aussi trouvé d'autres amis qui se sont installés en Amérique du Nord, dont aux États-Unis et au Canada.

    Vidéos de nos retrouvailles de 2007 à Phnom Penh
    Pour la première fois après 32 ans depuis le génocide khmer rouge, nous nous retrouvons à Phnom Penh en 2007. Les uns venus de l'Europe, de l'Inde, du Canada et des États-Unis. Les autres sont encore au pays. Mais plusieurs sont disparus.

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    Autres histoires :

    Édition du mercredi 17 octobre 2001 Publié dans le Monde Interactif / article / 0,6511,3356--233841-0,FF.html PETITES HISTOIRES NUMÉRIQUES. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent à Phnom-Penh, Sam-An MUM, âgé alors de 19 ans, doit tout quitter: la maison de son enfance...

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    Entretien de France 24 avec Denise Affonço / mercredi 28 novembre 2007 / Denise Affonço est une Française qui a vécu le génocide cambodgien par amour et solidarité pour et avec son mari. Elle y a survécu et raconte cette sombre période dans "La Digue des Veuves".

    Le cauchemar khmer rouge, un récit qui ressemblerait à mille et un autre récits déjà racontés mille et une fois par les médias ou par bon nombre de rescapés...

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