Denise Affonço est une Française
qui a vécu le génocide cambodgien par amour et solidarité pour
et avec son mari. Elle y a survécu et raconte cette sombre
période dans La Digue des Veuves.
FRANCE 24 interviewe une personnalité française ou internationale du monde économique, politique, culturel ou diplomatique. Cinq jours
par semaine à 22h40 (GMT+1).
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C’est
une petite dame très digne. Son livre n’aura jamais de prix
littéraire, d’ailleurs ce n’est pas un roman. Justement. Lors
de l’enregistrement, nous étions tous, sur le plateau comme en
régie, au bord des larmes.
Pour la première fois,
je me suis demandé si j’allais être capable de terminer une
interview. Après, nous avons tous eu besoin de l’embrasser. De
serrer dans nos bras ce petit morceau d’humanité martyrisé…De
lui demander pardon. En notre nom à tous, le notre celui de
nos ainés qui n’ont pas su ou pu la protéger.
Je venais juste de
terminer, déchiré, la lecture de son récit « La digue des
veuves », aux Presses de la Renaissance. Bien trouvé l’éditeur
car Denise Affonço, franco-cambodgienne, est revenue à la vie
après quatre ans (entre 1975 et 1979) passés dans les camps de
concentration à ciel ouvert des Khmers rouge pendant lesquels
elle est morte plusieurs fois.
Sa fille, elle, est morte de faim, à l’âge de 9 ans, sous ses yeux. Comme elle était trop jeune pour trimer comme
les autres du lever du jour au coucher du soleil, sept jours sur sept, ses bourreaux ne lui donnaient qu’une demi-ration de riz.
Les privations de sa mère n’ont pas suffi à la sauver. La pauvre fillette est morte, non sans
avoir demandé pardon à sa mère pour avoir « été méchante avec elle ». Les jours qui ont précédé sa mort, Jeannie, possédée par le démon
de la faim avait insulté sa mère parce qu’elle ne la nourrissait pas assez. Comment peut-on jamais se remettre d’un tel supplice ?
Toute la famille de Denise a connu le même sort. Son mari, un intellectuel
communiste, a été exterminé dans un «camp de redressement». Quant les Khmers rouge sont arrivés à Phnom Phen,
il était pourtant enthousiaste. Les révolutionnaires allaient, pensait-il les débarrasser du régime honni de Lon Nol.
Denise, citoyenne française, aurait pu être évacuée. Mais pas son compagnon
et père de ses enfants. D’autres femmes ont fait ce choix et n’ont jamais revu leur mari, mais comme dit Denise, aucune n’a la conscience
tranquille. Denise est donc restée et n’en veut même pas à la France pour avoir eu un cœur de pierre.
Il ne reste à Denise qu’un fils, Jean-Jacques, réfugié en France comme elle. Il avait douze ans à l’époque et
fut traité comme adulte. C'est-à-dire envoyé au travail forcé, séparé de sa mère et constamment battu. Sous alimenté, sa croissance s’en est
ressentie mais il doit néanmoins à ce traitement d’avoir eu la vie sauve. Il n’y avait pas de chambre à gaz au Cambodge, mais on exterminait tout
aussi sûrement par la famine et les maladies. Avec les cadavres les SS khmers fabriquaient de l’engrais humain…
Aujourd’hui Jean-jacques a 43 ans. Il a encore du mal à regarder des scènes
de violence trop réalistes à la télévision, et croit toujours que son père est vivant.
Tous les récits des survivants d’un génocide se ressemblent.
Celui-ci s’est déroulé, avec la complicité de la Chine, sans réaction des «nations du monde libre», trente
ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. A part quelques lampistes, les responsables n’ont pas été jugés. Pol Pot est mort dans son lit. Il y a
eu d’autres génocides depuis. Rien ne change. Et c’est ça qui est vraiment à pleurer.
Nos retrouvailles 2002 - 2006 en vidéos
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Vidéos de
nos retrouvailles de 2002 à Paris
Plusieurs années après le génocide khmers rouges au
Cambodge, j'ai pu retrouvé mes camarades du lycée en
lançant mon website personnel dans lequel j'ai publié
des avis de recherche de mes amis.
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nos retrouvailles de 2005 à Vancouver et New York
J'ai aussi trouvé d'autres amis qui se sont installés
en Amérique du Nord, dont aux États-Unis et au Canada.
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nos retrouvailles de 2007 à Phnom Penh
Pour la première fois après 32 ans depuis le génocide
khmer rouge, nous nous retrouvons à Phnom Penh en
2007. Les uns venus de l'Europe, de l'Inde, du Canada
et des États-Unis. Les autres sont encore au pays.
Mais plusieurs sont disparus.